Rester authentique quand tout doit être “joli” : mon rapport aux réseaux et aux critiques

Les réseaux sociaux, c’est un outil que j’aime et que je redoute à la fois. Ça m’aide à transmettre, à rencontrer de nouvelles personnes, à faire connaître mon travail.

Mais c’est aussi un espace où tout semble devoir être beau, lisse, impeccable… alors que mon métier, lui, ne l’est pas toujours. Et au milieu de tout ça, il y a moi.

Avec mes valeurs, mon expérience, mon approche. Et mes doutes.

Quand ce que je vois me complexe plus que ça ne m’inspire

Je vais être honnête : oui, parfois, ça me complexe. Je vois des comptes hyper bien mis en page, des visuels parfaits, des vidéos qui donnent l’impression que tout est simple.

Et je me demande si ce que je fais est assez bien. Si ce que je raconte est “à la hauteur”. Si ma manière d’expliquer est suffisamment claire.

On sait tous que c’est de la mise en scène… mais ça touche quand même. Parce que moi, au quotidien, je suis sur le terrain. Dans le froid, sous la pluie, dans des salons, dans des paddocks, au milieu d’émotions humaines et animales qui ne ressemblent pas à un feed Instagram.

Je filme quand je peux, comme je peux. Je crée mes carrousels entre deux bilans, avec un cerveau déjà bien chargé. Ce n’est pas “joli”, mais c’est vrai.

Les “pseudo-experts” du web : quand l’avis n’est pas basé sur un terrain réel

Internet donne la possibilité à n’importe qui de parler d’éducation ou de comportement animal. Certaines personnes n’ont aucune formation, aucune expérience de terrain, mais expliquent quand même “comment faire”, avec beaucoup d’assurance.

Je ne dis pas ça pour juger. Je dis juste un fait : la facilité d’émettre un avis ne garantit pas la qualité d’un avis.

Ça crée de la confusion chez les propriétaires. Et ça alourdit la pression pour des professionnels comme moi qui travaillent avec nuance, avec des cas réels, des émotions réelles, des familles réelles.

Je suis confrontée à des humains qui arrivent en bilan avec des phrases “j’ai vu sur TikTok que…” ou “un tel a dit que…” et il faut démêler le vrai du faux.

C’est parfois fatigant, parfois frustrant, et ça me demande de rester alignée sans être dans le rejet et la critique.

Les critiques sur les méthodes : rester dans le factuel, même quand ça pique

Dans le monde animalier, on parle beaucoup de méthodes. On compare, on juge, on étiquette. Et les réseaux amplifient tout ça.

Moi, je choisis de rester dans les faits :
– ce que dit la science
– ce que je vois sur le terrain
– ce qui respecte vraiment les émotions et les limites des animaux
– ce qui est cohérent dans la relation humain-animal

Je ne critique pas les autres pros. Je n’en ai ni l’envie, ni le besoin. Je travaille comme je sais le faire, et j’explique mes choix à mes clients, calmement, sans dévaloriser le travail des autres. Parce que la comparaison sert rarement la cause du bien-être animal. Elle nourrit surtout les conflits.

Mais oui : ça arrive que certaines remarques me touchent plus que je voudrais. Je reste humaine.

Rester authentique : le vrai défi des réseaux

Ce que je publie n’est pas parfait. Ce n’est pas calibré pour impressionner. Ce sont des contenus que je crée entre deux rendez-vous, souvent après une longue journée. Et parfois, je me dis “ça ne fait pas assez pro”, “ça pourrait être plus beau”, “les autres font mieux”.

C’est là que je dois revenir à l’essentiel :
est-ce que ce que j’écris aide quelqu’un ?
Est-ce que ça a du sens ?
Est-ce que ça reste fidèle à ma manière de travailler ?

Si la réponse est oui, alors c’est suffisant. Les réseaux sociaux ne montrent jamais la réalité entière. Moi, j’essaie juste d’y apporter un peu de vérité sans me perdre dans le “toujours mieux”.

Pourquoi je continue malgré tout

Parce que c’est utile. Parce que ça crée du lien. Parce que ça aide des gens que je ne vois pas en rendez-vous. Parce que ça parle à ceux qui se sentent seuls dans leurs problématiques. Parce que, même si ce n’est pas parfait, c’est sincère.

Et surtout, parce que ça m’aide à accepter qui je suis, dans mon métier et dans ma vie. Les animaux m’apprennent tous les jours à être plus authentique. Les humains que j’accompagne m’apprennent à être plus douce avec moi-même.


Et les réseaux me poussent, finalement, à affirmer ma manière de travailler plutôt qu’à la comparer aux autres.

En conclusion : être vrai, même si ce n’est pas parfait

Je ne cherche pas à faire “comme les autres”. Je cherche à faire bien. Avec ce que j’ai, avec ce que je suis.

Je préfère mille fois un post utile plutôt qu’un post joli. Je préfère un contenu sincère plutôt qu’un contenu formaté. Je préfère être authentique que parfaite.

Et si parfois les réseaux me bousculent… Ils m’aident aussi à grandir.

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Quand le métier me bouscule : mes moments de doute, de fatigue et de remise en question